Nourrir, pas détruire

27 juin 2025 | Actualités

L’Alliance Santé Planétaire se mobilise contre la loi Duplomb

Dans une tribune parue dans le journal Libération, l’Alliance Santé Planétaire et une centaine d’organisations appellent à une mobilisation les 29 et 30 juin 2025 contre la loi Duplomb.

Après un passage en force à l’Assemblée nationale, privant les citoyens et citoyennes d’un véritable débat démocratique pourtant indispensable sur les conséquences de ce texte, la loi Duplomb sera discutée en Commission Mixte Paritaire à partir du 30 juin. Cette instance composée de seulement 7 député·es et 7 sénateur·rices, est chargée de trouver une version définitive du texte avant son vote sans débat par l’Assemblée Nationale et le Sénat.

Alors qu’elle prétend répondre aux préoccupations des agriculteur·ices, la proposition de loi ignore en réalité les causes structurelles de la crise agricole : instabilité des revenus et injuste répartition de la valeur dans les filières, absence d’accompagnement à la transition agroécologique et à l’adaptation au changement climatique. Loin de lever les contraintes, elle les amplifie.

Pourquoi la loi Duplomb pose problème ?

  • Elle réintroduit des pesticides toxiques comme l’acétamipride, un néonicotinoïde pourtant interdit depuis 2018, car il est dangereux pour les insectes, les oiseaux et notre santé. Pourtant, les scientifiques nous alertent sans cesse sur les effets toxiques de ces molécules sur notre santé et l’environnement (Inserm 2021, INRAE/IFREMER 2022).
  • Elle facilite la destruction des zones humides, essentielles pour la biodiversité et la régulation du climat, en créant une catégorie de « zone humide fortement modifiée » dans laquelle les activités et les travaux ne seront plus soumis aux procédures administratives relatives à la loi sur l’eau. En France, plus de 60 % des zones humides ont disparu depuis le début du XXe siècle, dont la moitié entre 1960 et 1990.
  • Elle accélère le développement des mégabassines. Ces gigantesques retenues d’eau privatisent l’eau et maintiennent un système agricole obsolète. Elle assouplit les procédures relatives à l’implantation de mégabassines en proposant une présomption de reconnaissance d’intérêt public majeur pour les projets de mégabassines.
  • Elle affaiblit les missions de l’Office français de la biodiversité, dont les missions sont essentielles pour le maintien et le développement de la biodiversité.

Un autre modèle agricole est possible

L’agriculture biologique et paysanne a fait ses preuves, tant en ce qui concerne la viabilité économique, la durabilité, et la capacité à produire efficacement.

  • Elle fournit une production alimentaire diversifiée de qualité ainsi que des services environnementaux, sociaux et économiques élevés aux territoires qu’elle fait vivre.
  • Elle rémunère équitablement les paysan·nes pour les services qu’ils rendent à la société.
  • Elle s’appuie sur des pratiques qui respectent la santé humaine, la biodiversité et le bien-être animal.
  • Ses techniques font l’objet d’un consensus scientifique de plus en plus éprouvé à l’échelle internationale.
  • Économe en eau, et elle est un puissant remède contre le changement climatique
  • Elle raccourcit et relocalise les filières, favorise l’emploi rural, et favorise leur autonomie alimentaire. Les relations commerciales Nord-Sud sont rééquilibrées et permettent aux filières locales de se développer et conditionnent les importations de produits du Sud à une juste rémunération des paysan·nes et aux pratiques agricoles durables.